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À l'occasion du Printemps des Poètes 2017, j'invite les poètes de tous les pays à rédiger un texte sur l'Allemagne, sa culture,...

samedi 4 mars 2017

Canons étonnants et tonnant

Canons étonnants et tonnant


Pour Peter Klaus de la Freie Universität Berlin
et May Livory de Barde la Lézarde,
« pastille », ou plutôt « j’ai lu le… » poétique*


Blogodo ! Voilà que tonnent
Soudain les canons étonnants
Des littératures francophones
À Berlin, en docte symposium
En grand painting, en grande pompe.
« Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,
Daß ich so traurig bin. »
J’ignore ce que signifie
Cette tristesse infinie.
Devrais-je être dans mes petits souliers
Pour éviter de débarquer
Là-bas avec mes gros sabots
De petite marronne insulaire ?
La Lorelei, du haut de son rocher chantant,
au bord de son fleuve enchantant
navigateurs et romantiques,
la nixe envoûtante de Heine
me met en garde, ensorcelante.
Gare à ne pas faire la bitako,
Quasimodo, grosso modo
En ce cénacle universitaire
Où, trompeuses, sonnent et claironnent
Les trompettes de la renommée,
Où se mettent en perce ces mystères
D’iniquité.
Hors de question que je détone
Ni que je détonne.
Woy papa’y ! Voilà que résonnent
Vieux canons et perspectives !…
Manman ! Voilà qu’on raisonne :
Grands dieux ! Sont-elles mortes ou vives
Nos Belles-Lettres francophones ?
Pour ma part je ne m’en soucie guère.
Il est grand temps que je marronne.
N’est-ce pas le Roi des Aulnes
« Qui chevauche si tard à travers la nuit et le vent ? »
Ni le Cheval Trois Pattes des Antilles
ni soucougnan ni zombi.
« Avant que vous comptiez dix »,
ô Goethe, ô Rainer Maria Rilke…
« Was mich nicht umbringt, macht mich stärker, »
« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort »,
dans Le crépuscule des idoles
de Nietzsche…
Ni maîtres ni métropoles
Ni Dette de sale fric
Pour l’Afrique
 Ni règles ni normes
Ni Code Noir ou blanc
Mais marron
Ni lois pour atteindre l’Idéal
Ni canons tonnant
 Ne m’étonnent.

Suzanne Dracius


*Nota bene :
 La  « pastille » est une prescription de May Livory, un médicament poétique qui finit et commence par le même phonème à la rime ; moi, vu la forme oblongue de mon poème, j’ai plutôt fait une « gélule » — une « j’ai lu le… »…

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